J’veux juste crisser mon camp

J’veux devenir célèbre. J’veux m’en aller loin. J’ai l’impression que ma place est ailleurs, depuis quelques mois. J’ai l’impression que j’suis pas supposé faire c’que j’fais présentement. J’me sens distant de mon identité, y’a un écart incohérent entre ce que je suis et ce que je suis supposé être.

J’ai le vertige.

Ce que je veux pour l’année 2014 c’est de ne pas la voir me glisser entre les mains. J’suis arrivé en titubant dans le salon, avant-hier, lors du décompte. J’ai vraiment faillit le manquer, une chance que ma blonde s’est empressée de me saisir par le bras pour ramener vers le groupe. J’ai l’impression d’avoir vécu 2013 dans une ambiance de dernière minute et d’occasions ratées. Cette impression est restée jusqu’au dernier 10 secondes de l’année, quelle symbolique, hen?

J’suis pas supposé être féministe

Au souper, mon père m’a confronté avec le fait qu’il a vu que j’ai regardé le site web d’un magasin de t-shirts féministes. Il m’a demandé si c’était pour ma blonde. J’ai dit que non, que c’était pour moi. Mes parents et ma soeur me regardaient avec un air dubitatif. Rapidement, j’explique que je suis de plus en plus touché par la cause et que c’est l’assassinat et le viol de mon amie Valérie qui avait été l’événement déclencheur. Ma soeur me rétorque que ce n’est pas ça le féminisme et que je m’embarque dans quelque chose que je ne connais pas. Elle m’a dit : “As-tu au moins lu sur le féminisme?” Et a poursuivi en disant que c’était ce qui touche le statut de la femme et que, du coup, la mort de Valérie avait rien à voir avec ça. Je lui ai dit “Ah, oui? Si, justement, ça a rapport au statut de la femme, quel statut Valérie avait quand l’évènement est arrivé? Si Valérie aurait été un garçon, crois-tu que ce se serait passé?” Mon père ramène alors la discussion sur le site web. Il m’a dit qu’il n’avait pas vu de t-shirts pour le groupe FEMEN et que c’était incohérent puisque qu’il représente le féminisme. Avant même que je puisse répondre quoi que ce soit, ma mère essai de conclure en disant qu’un gars n’est pas supposé porter un t-shirt comme ça, qu’il n’est pas non plus supposer défendre la cause. C’est comme si le plafond m’était tombé sur la tête. Ce que ma mère venait de dire résonnait dans ma tête et sa me donnait la migraine. Ça me faisait serrer les dents. Ça me donnait le goût de renverser la table. Juste pour en rajouter une couche, ma soeur souligne que j’ai toujours aimé provoqué alors ce n’est pas trop surprenant de ma part de m’afficher en tant que féministe.

J’ai quitté la table parce que j’en pouvais plus.

Daphnée

Comme toutes les autres années, j’avais pour mission de me déguiser en père Noël et de faire la distribution des cadeaux. Sauf que, cette année, j’avais la pression de devoir avoir l’air crédible devant ma petite cousine de quatre ans, ce qui m’angoissait énormément. J’étais convaincu qu’elle allait me reconnaitre. Elle me demandait sans cesse quand le père Noël arriverait et je lui désignais ma bouteille de bière en disant : « Quand il n’y aura plus de bière dans la bouteille, le père Noël va arriver ». Ensuite elle faisait des vas et viens entre la salle à manger et le salon pour jeter un rapide coup d’oeil à ma bière, un peu comme si c’était une jauge de téléchargement.

J’ai finalement enfilé le déguisement. J’ai cogné à la porte patio, j’suis entré à l’intérieur en criant, avec ma voix la plus grave possible, des « Joyeux Noël » et des « Oh-Oh-Oh! ». Alors que je priais pour que les serviettes de bain qui me servaient de bourrure pour mon ventre ne tombent par sur le sol et que ma barbe reste en place, elle était là, toute contente de me voir, les yeux ronds comme des billes. Elle n’y a vu que du feu et ce, jusqu’à mon départ. Ça m’a vraiment fait plaisir parce que, du coup, je n’ai pas les rêves brisés d’une petite fille qui pèsent sur ma conscience.

L’auto déferlait la route en zigzagant de plus en plus brusquement. Elle s’approchait de moi, encore et encore. Quand j’ai réalisé que je devais faire marche arrière car elle allait me foncer dessus, il était déjà trop tard. À la dernière seconde, l’auto a virée sur elle-même, elle est passée si près (je pouvais lire sa plaque d’immatriculation à travers le givre de la fenêtre) et a poursuivi sa course dans la voie inverse, comme si de rien était. J’étais là, complètement figé, dans l’habitacle de ma voiture, à la sortie d’un stationnement et les mains crispées sur mon volant. J’étais persuadé que cette voiture allait défoncer ma portière. J’avais le goût d’appeler ma mère et je trouvais que ma blonde était vraiment loin de moi, tout d’un coup.

Merde, quand même!

Je suis rassuré de voir que, même si je ne travaille plus dans un restaurant de sushi depuis 3 ans, je suis encore capable d’en faire! :D Yeah!

Est-ce qu’il y quelque chose de pire que de réviser pour un test qui porte sur la conception et l’utilisation de tests? Je ne crois pas, non.

Mon cours de japonais est fini depuis lundi dernier. Je suis en train de réviser pour l’examen final. Je voulais te montrer ce que la prof nous a donné à la fin du dernier cours. C’est ma note pour ma présentation orale bien cachée dans un origami. Tous les garçons avait reçu un kabuto (un casque de samurai) et les filles des poupées en kimono. Sur la bordure du casque, c’est écrit “オリビエ”, mon nom en japonais. Ça se prononce “O-ri-bi-é”.

Quand elle m’a tendu ce bout de papier, la conviction d’avoir eu le meilleur cours de toute ma scolarité c’est installée.

Ma blonde

Ma blonde arrive bientôt à la maison et elle sera ma muse. Je vais la dessiner, la dénuder, la rhabiller, la photographier, la modeler, peu importe. Ma blonde est un océan d’inspiration, d’énergie et d’intensité. C’est dure de résister à la l’envie de s’y beigner. Ma blonde est une bête que je vais apprivoiser à coups de crayon.