"On a plus besoin du féminisme"

Aujourd’hui, aux bulletin d’information télé :

- Une écolière de 15 ans a été violée par 38 hommes dans le nord de la Malaisie

- Une pakistanaise a été lapidée à mort par sa famille pour avoir aimé l’homme qu’elle voulait

- En Inde, deux adolescentes ont été retrouvées pendues à un arbre après avoir été violé, battu et tué par deux hommes et un policier.

- Une femme en ceinte (elle a donné naissance ce matin en prison) est condamnée à mort au Soudan pour apostasie ou, plus simplement, pour avoir renoncé à la religion chrétienne.

Ces nouvelles ont défilé une à la suite de l’autre. J’ai fermé la télé parce que c’était trop pour moi.

Le monde m’écoeure. Les hommes m’écoeurent. Je m’écoeure.

Je me suis fait retirer mes dents de sagesse à 10h ce matin et là je mange des chips comme si de rien était. Je mérite un rôle principal dans le prochain film de The Avengers.

La maison de la mort

J’vais commencer à faire du bénévolat dans une maison pour les gens en fin de vie, c’est à dire un endroit où les mourants peuvent passer leurs derniers mois ou leurs dernières semaines de vie. La directrice m’a fait visiter l’endroit. C’est une ancienne église qui a été transformée en résidence, ou plutôt, en village. À l’intérieur, il n’y a pas de chambres, ce sont des petites maisons. Il y en onze en tout, pour les onze résidents que l’établissement peut acceuillir. Certaines sont en hauteur, d’autres au sol. Ils ont aussi conservé les vitraux originaux de l’église, ce qui crée des jeux de lumière multicolores ici et là. C’est magnifique.

Ce n’est pas la maison de la mort, c’est le village de la mort, et c’est très beau.

Une shisha parfaite

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On nous avait installé sur un matelas géant barricadé par des grands dossiers rembourrés et des rideaux avec des imprimés de mosaïque. Il y avait aussi des murs de bulles aux couleurs évolutives. Au dessus de nos tête, le plafond imitait le ciel étoilé. La sangria à rabais qu’on buvait contenait trois différents types de fort. Grimes et MIA jouaient dans le système de son. Oh, et le tabac était à saveur de mangue.

C’était une shisha parfaite.

On est allé prendre une marche dans le Mont-Royal pour conclure le weekend. La vue était agréable. J’ai fait en silence la promesse à la ville de Montréal de venir l’habiter dans deux ans. Je tiens toujours mes promesses.

Surveiller un examen à l’université, c’est être payé 40$ de l’heure pour regarder des photos de pug sur google.

J’pense que je comprend pas mais c’est pas grave

Quand je te laisse, c’est là que tu sembles vouloir t’accrocher. Quand j’suis avec toi, tu t’en câlisses. J’comprend pas ta logique et, tu sais quoi, c’est pas grave. J’ai perdu assez de temps comme ça, j’veux pas attendre tes explications, il y a des belles choses qui se présentent devant moi cet été et c’est là-dessus que je me concentre.

Est-ce que je suis satisfait de la situation? Pas du tout. C’est un rêve brisé. Mais, je le laisse comme ça. J’préfère rêver à autre chose que d’essayer de recoller les morceaux pour deux, encore et encore. J’suis épuisé de ressentir ce vide, ce gouffre dans lequel l’amour est projeté dans une seule direction et jamais dans l’autre. Les relations unidirectionnelles, c’est pas mon truc.

Est-ce que je me sens mal? Non. Je t’ai laissé ta chance à maintes reprises et tu ne m’as jamais pris aux sérieux. Tu m’as menti et tu m’as caché des choses tellement importantes alors que je t’avais spécifiquement dit que je voulais que tu sois honnête envers moi. J’étais vulnérable et ça te faisait rien. Tu pensais oublier la vérité, mais tu m’oubliais aussi au passage. 

Je t’ai vraiment aimé de tout, tout, tout mon cœur. J’espère que, si tu l’as ressenti, ça t’a plu.

So, ouin, fuck that shit.

C’était good

Les cours ont bien été, les élèves semblaient attentifs et ils participaient beaucoup. J’étais content de leur parler de la transsexualité, même si ce n’était pas dans notre plan de cours. Les centaines de posts que j’ai lu à ce sujet sur Tumblr m’ont vraiment bien servi. Étonnement, les élèves étaient tous très ouverts par rapport aux personnes transgenres et transsexuelles. Ils trouvaient, par exemple, complètement incohérent qu’être transgenre est répertorié comme étant une psychopathologie dans le DSM-V. J’étais ému de les voir s’insurger quand on leur a appris ça. Si notre génération est plus ouverte face à l’homosexualité, sachez que celle qui nous précède l’est tout autant envers les personnes dont le corps ne correspond pas à leur genre. J’ai adoré partager mon savoir avec des plus jeunes, c’était jouissif. J’ai découvert une nouvelle partie de moi à travers cette expérience et c’est une véritable révélation.


Après les cours, je suis allé avec mes deux collègues-amies casser la croûte. On était content de se retrouver et je crois que ça a initié le début de plusieurs autres rencontres entre amis pour l’été et ça me convient parfaitement.

Finalement, on est allé à une conférence qui portait sur les personnes qui avaient la capacité de sortir de leur corps et de se regarder à la troisième personne. Un chercheur en neuroscience a d’abord expliqué son point de vu et ce fut ensuite le tour d’une anthropologue. Contre toute attente, c’était Lucie, ma prof de Magie, Sorcellerie et Traditions Occultes! Elle s’est brillamment défendue pendant la période de question et j’étais vraiment fier d’elle. Après m’être empiffré de « petites-bouchées » trop fancy pour savoir en les regardant si elles étaient sucrées ou salées (chaque bouchée était une surprise, donc) et d’avoir descendu très rapidement une coupe de blanc, je suis allé la voir. Elle m’a tout de suite reconnu, elle se rappelait de mon nom et on s’est fait la bise. Je crois que ça m’a touché qu’elle me reconnaisse parce que, dans ma tête, je suis tellement différent maintenant. Elle a un peu brisé cet écart que je ressens entre le moi de 2012 et le moi d’aujourd’hui. Elle a vu en moi ce qu’elle voyait en moi. J’en avais besoin. Peut-être que je m’imagine des choses mais je m’en fou parce que ça me plait de croire ça. Je devais quitter mais Lucie et moi se sommes donné rendez-vous à son bureau parce qu’on a beaucoup de choses à se raconter. Aussi, je dois lui redonner le bouquin qu’elle m’avait prêté il y a un an et demi.

Alors, voilà, c’t’ait good.