Oh you fancy, huh?

Aujourd’hui, j’ai configuré la boîte vocale de mon téléphone portable. Je n’y avais jamais vraiment porté attention et j’étais curieux de savoir qui m’avait laissé les 7 messages qu’elle contenait. À l’exception d’un seul d’entre eux, ce sont tous des butt call de Valérie où on peut l’entendre écouter la radio, marcher ou conduire son auto. Great.

The Henry Clay People - Twenty-Five For the Rest of Our Lives

J’ai pris cet album chez le disquaire rien que parce que le cover était joli et j’regrette pas du tout d’avoir pris ce risque. 

Chère Val - Troisième et dernière lettre

Chère Val,

Faut que j’me pardonne. Faut que je suppose que tu acceptes mes excuses. Faut que j’me crois quand j’me dis que j’aurais rien pu faire pour te sauver la vie… T’étais pas loin, c’est vrai, mais comment est-ce que j’aurais pu savoir? 

Pendant qu’un homme te violait et t’assassinait, j’étais dans le salon bleu, pas très loin de toi. J’étais avec les autres. On parlait, on riait, on vivait, t’sais. Sais-tu à quel point on n’avait aucun doute sur qu’est-ce qui se tramait dans les bois, à ce moment précis? Aux yeux de tout le monde, nous n’avons rien à nous reprocher. Nous n’étions pas au courant. Nous étions proche, mais pas .

N’empêche que je ne me le suis jamais pardonné, ton assassinat. J’étais pas là, mais j’aurais pu être là. Pourquoi est-ce que j’aurais été là? Probablement pour des raisons toute aussi anodines que celles qui expliquaient ma présence dans le salon bleu à cette heure de la journée. Tous les rires que j’ai échangé avec les autres, pendant que ça se déroulait, je les ai ravalé un par un avec un dégoût impossible. Tout le plaisir que j’ai eu durant cette journée, je l’ai parfaitement transmuté en culpabilité. Tout ce que j’ai fait, le 23 août 2011, est devenu une vaste salle de torture dans laquelle je me martyrise quotidiennement.

Tu les connais bien les questions qui mijotent dans ma tête depuis plus d’un an? Tu peux les entendres quand elles explosent dans ma tête en brisant toutes les synapses de mes neurones? J’me demande, évidemment, à quoi tu pensais au moment où ton agresseur te tuait à coup de pierre sur ton crâne. J’me demande aussi si tu criais nos noms pour qu’on te vienne en aide. Tu devais avoir tellement peur. Tu devais être en colère contre nous. Tu devais nous détester vigoureusement. Est-ce que tu t’es sentie trahie? Crois-tu qu’on t’as abandonné? Est-ce que tu as souffert longtemps? Crois-tu qu’on aurait pu intervenir, d’une quelconque façon? Est-ce que tu nous pardonnes?

Au court des semaines qui ont suivi ta mort, j’ai fait l’engagement de te rendre hommage à tous les jours, de vivre pour deux, de faire les choses intensément et de profiter à fond de ce qu’on t’avait dérobé. Tout ça, c’était dans le but de me déculpabiliser de ne pas t’avoir sauvé la vie. C’était pour attirer ta sympathie. J’voulais bien faire.

Aujourd’hui, c’est trop difficile pour moi de continuer à fonctionner ainsi avec le poids d’une seconde personne sur mes épaules. Chaque fois que j’fais des erreurs ou que j’échoue, j’me dis que toi tu ne les aurais pas fait et que t’aurais réussi. C’est lourd, fucking lourd, même.

Tu as perdu la vie et moi non. C’est comme ça, Val. Ma vie, c’est pas ta vie. On ne peut plus fonctionner en unité. Je dois tourner la page ou, plutôt, l’arracher et passer à la suivante. Je dois amorcer mon deuil, un vrai de vrai deuil avec une conclusion et une issue. J’te laisse partir de mon esprit. J’te libère de mes hantises. J’te laisse mourir et j’me donne le droit de vivre.

Pour une dernière fois, repose en paix, Valérie. 

C’est fini. Demain, les choses seront plus simples.

Sexe

J’hésitais entre les baisers et les morsures. J’adorais les caresses, mais tes ongles qui s’enfonçaient dans ma peau me semblaient d’autant plus agréables. J’aime masser avec délicatesse ta chevelure blonde, sauf que je bous à l’idée de pouvoir y agripper ma main de nouveau. 

Ton visage se déformait de plaisir. Je plaçais ta tête tantôt contre ma poitrine, tantôt à plat sur le matelas. Sers-moi plus fort. Ne me touche pas. Crie. Sers les dents. Retiens ton souffle. Vide tes poumons de toute ton énergie. Je te murmure que je t’aime. Réponds-moi. Plus vite. Plus fort.

Tu voulais que je m’engouffre encore plus loin dans ton esprit. Tu voulais être possédée. Tu voulais être contrôlée, mais pas manipulée. Tu étais belle. Tu étais ailleurs. Tu étais loin. Tu ouvres les yeux un instant. Tu les refermes. Tu replonges. Tu repars. Je disposais de toi comme bon me semble. Tu étais si belle.

Je me suis saisi de ta nuque, j’ai collé tes lèvres contre les miennes. Je t’ai embrassé très longtemps, étouffant tes gémissements. Je me suis emparé de tes poignets, ma tête a tassé la tienne et j’ai eu accès au creux de ton cou, au saint Graal, au mythe, à l’apogée, à cet endroit parfumé où une peau douce et délicate recouvre les muscles forts qui se contractent. 

Plus fort, plus vite, encore, n’arrête pas. N’arrêtons pas.

Je t’ai redonné le contrôle. Tu es redescendue sur Terre, tu es revenue à toi, tu as refait surface. On avait chaud. Ton corps était brûlant. On haletait bruyamment. Je suis resté un moment collé contre toi. C’était fantastique.

Je t’aime comme un fou, Myriam.

Photo qui explique pourquoi j’aime le nouveau département des sciences sociales #2
Entre 7h30 et 10h y’a jamais personne sur l’inter-plateforme et c’est un coin parfait pour réviser en panique avant un examen de statistique tout en ayant un peu peur que son téléphone portable fasse une chute de 3 étages + une chaise trop haute.

Photo qui explique pourquoi j’aime le nouveau département des sciences sociales #2

Entre 7h30 et 10h y’a jamais personne sur l’inter-plateforme et c’est un coin parfait pour réviser en panique avant un examen de statistique tout en ayant un peu peur que son téléphone portable fasse une chute de 3 étages + une chaise trop haute.

Ma formation en santé et sécurité en laboratoire ainsi qu’en gestion de matières contrôlées est terminée. Les probabilités que je fasse exploser le deuxième étage du pavillon Vanier de l’université sont donc réduites de moitié. Pour le reste, on s’croise les doigts très fort.

La mort de mon hémisphère droit

Même si j’avais bien raison de le faire, j’veux pas me lamenter, cet après-midi. J’veux te raconter quelque chose qui, finalement, va peut-être bien finir.

Mon hémisphère droit est en train de mourir, du moins, une partie de lui : là où se loge le sens artistique, dans toute sa discrétion. J’ai arrêté de l’utiliser. Je l’ai laissé s’atrophié. J’ai sollicité ailleurs plutôt qu’ici. J’pensais que j’pouvais vivre sans lui. J’pensais pas qu’il m’était facultatif. Ça m’écoeure de me découvrir seulement quand j’me fais mal. Je tombe, j’me blesse, j’en tire une leçon puis j’me relève. C’est con que je sois toujours obligé de passer par les étapes «tomber» et «blesser» pour être capable de me connaître juste un peu plus, j’passerais bien à côté. La découverte du soi à travers les essais-erreurs, ça m’intéresse pas.

Tu l’auras compris, mes études m’en demandent énormément, j’te l’ai répété souvent. J’ai fait une croix sur bien des choses pour arriver à bout de mes objectifs. J’ai mis mes crayons de côté, entres autre. J’les utilise depuis que j’suis tout petit. Bon, c’est certain, y’a eu des moments où je n’y touchais plus vraiment sauf que je savais qu’ils m’étaient accessibles à tout moment si l’envie me prenait de gribouiller. La passion nous quitte souvent pour mieux revenir, tu sais. Mais cette fois, en septembre, c’est pas la passion qui m’a quitté. C’est moi qui a quitté ma passion. J’ai tourné le dos à mon hémisphère droit. J’pensais pas que c’était mal. J’pensais que ça allait de soi. J’pensais que j’étais dans la bonne voie, que j’faisais les bons choix. J’pensais pas que j’étais en train de tomber. Plus les semaines passaient, plus mon corps en chute libre prenait de la vitesse. Plus les jours passaient, plus je m’enfonçais dans le gouffre de mes objectifs irréalistes. Plus les minutes passaient, plus l’artiste en moi s’asphyxiait, étant privé de son irrigation en sang oxygéné acheminé par les artères crâniennes. En somme, plus ça allait, plus je mourais.

J’ai eu besoin de passer par l’étape «tomber» sauf que, cette fois, j’me suis pas blessé, pas encore. Je vois le sol à la fin de ma descente. Je n’ai pas besoin de le tâter du bout de mes doigts d’artiste pour réaliser que je vais bientôt le percuter de plein fouet. Il faut que j’arrête de tomber, maintenant. J’ai fini avant-hier le dessin que j’avais abandonné au début du mois de septembre. J’avais le goût de lui faire des excuses, mais ça n’aurait pas été assez. Je dois absolument en commencer un autre et le finir rapidement, dans un délai raisonnable. Puis, je dois recommencer, encore et encore, ne jamais m’arrêter. J’vais retrouver mon équilibre, en faisant ça. J’vais retrouver la satisfaction, en faisant ça. J’vais avoir du fun, en faisant ça. J’vais vivre en entier, en faisant ça.

Vas-y Oli, retourne-toi, lève les yeux, regarde l’étoile de lumière éclatante qui brille à la sortie de ton gouffre d’auto-négligence artistique, remonte, tire une leçon de ta grosse gaffe, relève-toi, tu n’a pas besoin de te blesser pour comprendre que tu ne dois plus jamais lâcher ton crayon 2B.

La balance basculera peut-être pas…

Il faut que je trouve un point d’équilibre au plus vite parce que la balance est vraiment sur le bord de se renverser.

Cerveau à off + mood d’enfant de quatre ans

Moi, en ce moment, j’veux voir les courbes de ma blonde, pas celle d’un coefficient de variation sur un diagramme. Moi, en ce moment, j’veux passer du temps avec mes amis, pas avec mes collègues de travail. Moi, en ce moment, j’veux écouter de la musique seul dans ma chambre et non la voix d’un prof, assis au milieu d’une classe. Moi, en ce moment, j’veux dessiner avec ma tablette graphique plutôt que de prendre des notes avec un stylo qui va bientôt manquer d’encre. Moi, en ce moment, j’veux boire une bière au lieu de siroter le chlore liquide des abreuvoirs. 

La semaine d’étude commence seulement samedi et j’ai la patience d’un enfant de quatre ans alors depuis hier j’ai tout arrêté et c’est bien comme ça et j’m’en donne le droit et je le mérite bien et puis voilà il n’y a rien à ajouter.

Theme