J’ai vu quelqu’un mourir et c’était pas la fin du monde, juste d’un monde

Je suis entré dans sa chambre pour lui donner son bain. Les membres de sa famille m’accueillent en me disant qu’ils pensent qu’elle ne respire plus. L’infirmière, d’un calme incroyable, prend son pouls. Sans même avoir entendu le diagnostic, ils avaient compris. Ils ont fondu en larme. J’étais là, placide. J’ai pris un grand respire et j’ai mis machinalement mes gants de caoutchouc. Dans la petite salle de bain, j’ai fait un discret signe de croix, j’ai demandé à Val de guider son esprit rapidement au ciel.

On l’a changé. À la demande de la famille, on lui a mis une jolie jaquette pour le long sommeil dans lequel elle venait de se plonger. Je trouvais que ça faisait beaucoup de sens. L’infirmière, toujours aussi calme, parlait au mort. Elle lui disait qu’on “allait la mettre belle”. On a finalement changé ses draps, déposé une rose rouge sur le lit et allumé quelques cierges.

"Comment c’était?", te demandes-tu peut-être. C’était moins pire que ce qu’on dit. C’était la mort et ça ressemblait à la mort. Elle n’a pas l’air méchante.

Ce soir, en revenant du vieux Hull, j’roulais sur l’autoroute. Le volume de la radio était au max, les fenêtres étaient ouvertes et la voiture vibrait à cause de la vitesse de déplacement. C’est vraiment ce que j’adore le plus de l’été : être en voiture la nuit.

C’était encore une autre fucking belle soirée hier au Zaphod. J’adore cet endroit parce qu’on dirait qu’ils jouent que mes morceaux favoris du jeudi au samedi. 212, Summer Time Sadness, The Real Slim Shaggy, Fancy, Kids, c’était tellement good. Y’a pas de douches, au Zaphod. La plupart des clients ont des stretchs aussi larges que mon poing. C’est rafraîchissant.



Tout le monde danse avec tout le monde. C’est le seul bar où je peux twerker à l’envers sur un mur quand We cant stop joue sans me sentir jugé. Il y avait aussi un très joli couple de lesbiennes qui dansaient au milieu du dancefloor et ça impressionnait absolument personne. Il n’y a pas de gros pervers qui s’émoustillent ou d’individus avec une mentalité d’enfant de 4 ans qui étaient d’avis qu’elles se donnaient en spectacle. Pour un bar qui est classé «hétéro» à Ottawa, saches que c’est un phénomène des plus rares.



À 3hAM, pour le dernier morceau, quand tout le monde était bien saoul, j’ai initié un slow collectif. On formait un grand cercle d’une vingtaine de personnes et c’était juste trop drôle.

Cette soirée m’a fait un bien fou.

Il fait chaud, je suis en train de sabler les murs de ma chambre et j’écoute du Amy Winehouse en buvant de la bière.

Happiness.

Village de la mort part 2

Aujourd’hui, c’était mon premier quart de bénévolat au village de la mort. Je savais que ça allait être difficile, je savais que je verais des personnes presque mortes, je savais que je m’embarquais dans quelque chose de lourd émotionnellement. Ma préparation mentale ne m’a même pas aidé à changer les poubelles des résidents sans faire un breackdown.

Il y avait cet homme assis aux côtés d’une “personne” très mince et complètement chauve, couchée dans son lit, les yeux clos. Les lumières étaient tamisées et on ne voyait presque rien. En m’approchant du lit, où se trouvait la poubelle, j’ai pu voir la photo qui se trouvait sur la table de chevet. C’était l’homme en question et sa femme. C’était une photo de mariage. En jetant un second regard à la “personne”, j’ai réalisé que c’était elle, sa femme.

J’ai demandé à l’homme si je pouvais faire quelque chose pour lui, lui apporter un verre d’eau ou quoi que ce soit d’autre. Il a pris la main de sa femme qui était toujours endormie et m’a dit qu’il n’avait besoin de rien d’autre.

Je suis sorti de la chambre et j’ai compris que je ne comprenais pas.

Max

J’suis bien content que tu sois venu cogner à ma porte ce soir. J’avais besoin de ce genre de geste fait sans prise de tête.

Gosh, it feels so great

J’ai trouvé une directrice de thèse et une superviseur pour le Ph.D en psychologie clinique, aujourd’hui. Elle m’aime beaucoup et moi, je l’adore. Je sais qu’avec elle mes chances d’être accepté sont décuplées quand je vais appliquer pour les études supérieures. En plus, elle est une des dix professeurs qui constituent le comité de sélection des candidats (200 demandes, 14 admissions). C’est sure que je ne suis pas encore accepté, je vais le savoir seulement dans un an et demi, mais tout de même, ça m’enlève un énorme poids de mes épaules. J’vois la fin et le début d’un parcours fantastique.