Oh you fancy, huh?

UPDATE

Mon après-midi était génial. Dédé et moi avons été chez Sweet Art pour déjeuner. J’avais hâte de me retrouver seul à seul avec elle. On s’amuse bien tous les deux. Vous devez savoir que cette fille a l’appétit d’un garçon et ça c’est vraiment sympa. On s’est tapé presque la moitié des restos asiatiques sur Dalhousie en l’espace de deux ans (aucun regret). On a acquis une certaine expérience avec le temps. Quand on sort d’un établissement, on le quote à la manière de deux épicuriens jamais satisfaits de ce que la vie peut leur offrir. On critique même le bonbon à la menthe que les proprios disposent dans le bol du comptoir-caisse. C’est toujours succulent mais on y retourne jamais deux fois.

Quand elle m’a dit qu’elle ne pourrait peut-être pas aller à l’université l’année prochaine, j’ai failli cracher ma bière dans mon assiette de nouilles croustillantes. Elle a pas passé un de ses cours, j’avais le goût de la gronder. Et puis, ensuite, j’ai angoissé. C’est pas la fin du monde si elle ne va pas étudier à Ottawa avec moi, loin de là. Mais j’me suis senti seul pendant une fraction de seconde. J’veux pas affronter mon premier trimestre sans elle. J’connais milles autres personnes là-bas, peut-être que certaines d’entres-elles sont encore plus gourmandes, mais j’m’en fou tout de même. Dédé, elle prend le même bus que moi depuis 2 ans. Elle fait partie de mes journées depuis 2 ans. On ne s’est jamais pris la tête depuis 2 ans. Tout allait bien depuis 2 ans. On aurait pu prendre le bus ensemble pour encore longtemps. Faut croire que ça se passera possiblement pas exactement comme je l’aurais voulu, as always.

Après coup, elle semblait me consoler alors que c’est tout ce que j’aurais du faire pour elle si on se base moindrement sur les normes fondamentales de la politesse. J’ai fait un rapide face à face avec l’inconnue qui me guète. Je m’en approche de plus en plus. On va se rencontrer le premier septembre sur Cumberland street. Pour l’instant, j’y fait dos même si une partie de moi a vraiment hâte de la rencontrer. J’ai vraiment peur de mettre mon pied dans mon premier cours. Je ne sais pas de quelles couleurs seront les murs de la salle ni celle des bancs. Je sais que ça parait superficiel au possible, mais si au moins j’avais ces quelques petites infos en ma possession, je n’aurais pas l’impression de m’embarquer dans quelque chose de totalement nouveau. Hajar m’a fait visiter l’entièreté du campus mais ça ne m’a pas suffit. Elle m’a vraiment donné l’opportunité de me défaire de mon manteau bien fourni en inquiétudes de tous genres, mais je l’ai gardé et j’ai même décidé de le boutonner encore plus serré que la dernière fois. Même que j’suis su le point d’acheter le bonnet qui va avec si ça continue.

La mauvaise humeur m’a passé. On est allé mangé une crème glacé au soleil et ça m’a calmé. Je regardais la beauté de la ville sur le soleil de 3h, avec de jolies ombres qui contrastaient bien chaque brique et chaque corniche des immeubles. On a beaucoup rit.  J’comprenais plus c’qui m’a pris. Elle ne s’en ait pas rendu compte. Tout s’est passé à l’intérieur de ma tête. J’ai définitivement des choses à régler en ce qui à trait à l’université. J’ai fini mon Cégep mais j’ai l’étrange sentiment que ma place est encore là-bas, même s’il n’y aura plus vraiment personne que je connais entre ses murs l’année prochaine et que je vois difficilement comment il pourrait m’apporter autre chose de plus dans ma vie. J’ai fait mes aurevoirs à mes profs, je leur ai serré la main ou donné une sincère accolade. C’était pas un moment déchirant mais ce n’était pas agréable non plus.

Non, ma place n’est plus au Cégep. J’suis persuadé que même vous, vous le savez. Les bons moments qui s’y sont passés sont passés, de même que les mauvais. Le temps n’est pas malléable, il ne se rattrape pas comme je l’aurais voulu cet après-midi. J’ai savouré ce que j’ai vécu à Gabrielle-Roy. C’était si goûteux que j’ai de la difficulté à me mettre en tête que je ne pourrai pas en prendre une autre bouché et j’trouve ça tellement terrible. 

À défaut de pas être dans le même bus pour les prochaines années, il reste encore quelques restos que Dédé et moi devons visiter. J’vais goûter à quelque chose de nouveau. Au fond, le Cégep, c’était un resto asiatique.

Tout le monde voulait revoir Jean Leloup mais pas moi. Son spectacle était malade sauf que ça faisait trop longtemps que j’avais pas vu des feux d’artifice. Peut-être que Jean aussi n’en avait pas vu depuis longtemps puisqu’il ne s’est pas pointé pour son deuxième rappel.

On m’entend rire sur ce vidéo et j’trouve ça génial. Je l’ai toujours trouvé agaçant, mon rire. Mais Myriam m’a dit qu’il était rassembleur et j’ai décidé de la croire sur parole.

Vous les aimez, vous, ces quelques minutes de transition entre le brillant soleil de l’après-midi et une violente tempête? Personnellement, je les adore. C’est mon moment, mon rituel. Je m’assois sur l’asphalte encore brulante qui témoigne de la chaleur de la journée. Le vent est violent et tiède. Tous les arbres gigotent comme des algues sous l’eau. Ils se plient dans tous les sens mais ça n’a pas l’air de leur plaire. Quels idiots, tout de même. À leur place je serais bien content de pouvoir arrêter d’être statique le temps d’un orage.

Ma voisine appelle ses chats mais sa voix est étouffée par les grondements des nuages. Les éclairs éclatent à l’horizon comme des bombes atomiques muettes. J’entend la pluie qui tombe plus loin. Elle n’est pas encore rendue jusqu’à moi. Il me reste encore quelques secondes. L’air devient froid et crispé. Je n’ai plus de temps, il pleut. C’est fini pour moi même si ça vient tout juste de commencer pour les autres.

Un orage c’est comme un film de James Bond, les premières quinze minutes sont les meilleures.

5 jours

Je fini le cégep dans 5 jours. Ça mérite de faire un décompte. Comptez avec moi si ça vous chante, vous pouvez même taper des mains en rythme, ça va rendre l’évènement plus festif. Je permet aux grognons d’attendre jusqu’à la fin les bras croisés et en retrait dans leur coin, moi, ça me dérange pas.

                                                        5[X4[X]3[X2[X]1[X]

Voilà, c’est fait.

Juliette, Simon et moi, on a disséqué un rat. J’dis “on” mais au fond Juliette faisait que regarder de pas trop loin. Notre rat avait neuf bébés.

Juliette, Simon et moi, on a disséqué un rat. J’dis “on” mais au fond Juliette faisait que regarder de pas trop loin. Notre rat avait neuf bébés.

Back in the days

Voilà c’qui me fait chier : l’examen de demain sur le système nerveux. Non, contrairement à ce que je fais d’habitude, j’vais pas camoufler mon animosité sous des métaphores pour te faire croire que tu n’es pas simplement l’auditeur de mes passes chialeuses. J’vais être super direct. Même que j’ai failli pas mettre de titre.

Le tiers de ce chapitre traite de l’encéphale et donc en partie sur le liquide céphalo-rachidien (LCR). Sans entrer dans les détails (parce que tu ne veux surement pas lire ça), c’est le liquide dans lequel baigne ton cerveau. Voilà le problème : ma soeur a un cerveau, un cerveau qui baigne donc dans le LCR. Ce cerveau, elle l’a depuis toujours. Elle l’avait en 2008. Elle avait aussi une tumeur collée à son cervelet, en 2008. Cette tumeur bloquait aussi les «canaux» permettant de faire circuler le LCR, en 2008. On lui a enlevé une partie de sa tumeur, en 2008, et on lui a posé ce qui s’appel un shunt. C’est un tuyau qui joue le rôle des parties de l’encéphale qui ne pouvaient plus jouer leur rôle : celles qui avaient pour mission de faire circuler le saint LCR. Sa tête, ils l’ont bourré autant qu’ils l’ont vidé.

Mon adolescence était déjà bien fournie en histoires de LCR. Maintenant, c’est mon cours de bio qui l’est. J’retourne en arrière, à l’époque où ma soeur allait mal, où j’allais mal, où toute la maison allait mal. Sur tous les schémas et les photos des différentes coupes transversales du cerveau, j’pense à ma soeur. J’me dit que c’est son encéphale qui est illustré sur les Powerpoints, que c’est à cet endroit précis où logeait c’qui aurait pu la terrasser et j’ai même les photos du shunt qu’elle a dans la tête, ici et là.  

Bon, ça suffit. J’vais étudier. 

PS : Ma vie n’est pas triste, crois-moi. Navré si mes articles t’induisent en erreur, j’en suis conscient, même moi j’me trouve déprimant cet après-midi.

Salut,

J’en peu plus. J’suis fatigué. J’suis stressé. J’ai la tête dans mes bouquins (ou mes bouquins dans la tête, à toi de de voir). Mon horaire ne me permet plus vraiment de vivre mais vendredi samedi j’me donne le temps d’aller voir Laurence Anyways au cinoche et de manger trop de pop-corn. J’vais mettre du beurre dedans, même si c’est pas trop mon truc. Ça va faire plus trash et j’vais peut-être avoir l’impression de faire des folies et de vivre une vie moins rangée qu’en réalité.

Sache que je t’aime, cher follower. Ne t’en fais pas, dans moins de deux semaines je pourrai recommencer à nourrir copieusement notre belle relation virtuelle.

Tu me manques,

Olivier

Assis sur la bordure du trottoir en attendant le bus, tout ce que j’ai de besoin c’est du Kafka et les textos de Val.

Assis sur la bordure du trottoir en attendant le bus, tout ce que j’ai de besoin c’est du Kafka et les textos de Val.

Help

J’ai descendu la pente pour voir c’que ça faisait, j’pense. Une chance que les cours ont repris, j’étais à  un verre prêt de l’alcoolisme. Pendant presque deux mois et demi, j’roulais à 100 milles à l’heure, bien au delà de la limite permise. J’enchaînais les partys aussi vite que je descendais les pichets de bière. J’pouvais pas m’arrêter. J’voulais pas m’arrêter. J’ai même pas songé à m’arrêter. Un soir sur deux, j’me laissais couler comme le Queen Elizabeth en laissant mourir, sans pitié, tous mes passagers. J’me réveillais tard, la lumière du soleil se donnait le devoir de me percer les yeux tous les jours, j’voulais pas le regarder, j’voulais qu’il s’écroule en silence pour que tout redevienne noir et flou.

Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi j’me suis fait ça, pourquoi j’me suis donné en spectacle comme ça. C’est pas moi, ça. Mais ce qui est encore plus incompréhensible, c’est que personne ne m’a dit “stop”. À la limite, on me disait “continues”. Vous savez, ils y a des alcooliques perchés ici et là sur les branches de mon arbre généalogique. Ça me fait mal de le supposer, mais je suis peut-être moins bien entouré que je pensais. Est-ce que mes mauvaises passes sont trop peu éloquentes pour que vous les perceviez? Mon indépendance vous empêche-t-elle de me tendre la main? Cependant, sachez que je ne vous blâme pas, très sincèrement. Je crois que j’aurais pris votre main seulement s’il y avait eu une canette de bière dedans. 

J’étais à un resto sénégalais vendredi dernier pour la fête de mon père. Ma coupe de vin était vide et j’la voulais pleine, bien pleine jusqu’au rebord, débordante et dégoulinante d’alcool. Ma coupe était vide et j’avais de la misère à penser à autre chose. J’ai eu peur de moi-même, encore. J’m’en veux. J’ai mis mon pied dans un piège à ours et je l’ai retiré avant qu’il referme sa mâchoire sur ma jambe. J’me trouve malchanceux dans ma chance. J’aurais préférer ne jamais réaliser que j’étais propriétaire de ce vice. 

J’crois que c’est déjà fini. Mais j’dis pas que vous pouvez dorénavant l’ignorer. Craignez-moi davantage. 

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