Oh you fancy, huh?

J’veux des bisous.

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Happy fucking birthday to meeeeeeee!

Ris pas, s’il te plait.

Le problème de la fierté parentale est réglé depuis novembre dernier. Mais le problème d’humiliation, lui, ne l’est pas. Ils m’humilient. J’pense que c’comme un trip qu’ils ont en ce moment. Juste pour confirmer encore plus clairement qu’ils ne sont pas fière de moi, ils m’humilient. 

C’est subtil. Laisse-moi t’expliquer.

Ils ne m’humilient pas directement. C’est leur indifférence qui m’humilie, en fait. Elle me réduit à rien. Elle m’anéanti. Elle me culbute jusqu’à la case départ. Elle me pousse en bas d’un trône où j’ai déjà beaucoup de difficulté à siéger fièrement et de façon assumée.

Je sais pas pourquoi j’leur ai parlé de ça. Esti que j’suis con. Esti que j’aurais du m’la fermer. J’leur ai raconté ma journée, voilà c’qui s’est passé.

On était à table.

J’leur ai dit que prochainement, j’aurai une carte passe-partout magnétique qui me permettra d’avoir accès à des pièces uniquement réservées au personnel de l’université. Ma mère ne peut se retenir de pouffer de rire. Mon père, lui, sourd d’une oreille et fondamentalement peu attentif, ne m’écoutait simplement pas. Je continue tout de même à m’expliquer.

Je leur partage qu’en fait, en tant qu’assistant de recherche, je fais en quelque sorte partie des employés de l’université. Ce sera encore plus vrai si je dégote la bourse pour laquelle j’ai postulé et qui me permettra de travailler à temps plein dans mon laboratoire cet été. Ma mère me faisait maintenant dos ; elle s’était levée pour faire un appel. Je n’avais pas fini de parler mais je l’ai laissé faire.

Une fois le téléphone raccroché, elle revint s’asseoir à table et monte le volume de la télé. De tout évidence, elle avait complètement oubliée que je lui racontais quelque chose. Je lui rappelle donc qu’avant sa conversation téléphonique, j’étais en train de lui parler de ma journée. Elle paru agacée, mais j’ai continué.

J’ai fait un court résumé de la conférence à laquelle j’ai assistée aujourd’hui. J’expliquais à quel point j’étais impressionné par la grandeur de la salle de conférence, par le contenu du buffet et par le fait que j’étais le seul étudiant figurant dans l’ensemble des individus présents. En effet, à part moi, il n’y avait que des professeurs. J’en connaissais quelques uns. Ces derniers m’ont salué très amicalement et ils semblaient heureux de me voir là, sans toute fois être amusés. Ils me prenaient au sérieux.

Après la conférence, je me suis intégré à une discussion entre un de mes profs, la chercheuse pour qui je travaille, le conférencier de Concordia et des employés de l’Université de Carleton. Ils allaient dîner. Lorsqu’un d’eux a commencé à faire le décompte des gens présents et de qui embarque avec qui pour aller au resto, j’ai compris que j’étais invité, que j’étais inclut, qu’ils savaient que j’existais et qu’ils n’en faisaient pas une blague. J’ai vraiment été touché. J’ai du décliner l’invitation puisque j’avais un examen à préparer, mais le simple fait de savoir que j’aurais pu avoir une place à leurs côtés lors d’un dîner au restaurant me comblait déjà énormément.

J’me suis arrêté là. Ma mère riait trop. Mon père ne m’écoutait toujours pas. J’ai monté dans ma chambre, en tabarnak et surtout terriblement humilié, as always. J’ai fermé ma porte et me voilà ici, avec toi. 

Merci de ne pas avoir ri. J’suis certain que toi, tu n’as pas ri.

Twenty

J’aurais pu prendre le bus pour rentrer chez moi ce soir mais j’ai préféré marcher. L’air était doux. Il n’était pas doux comme celui des soirs d’été où il est chaud et lourd d’humidité, mais il était doux. De plus, le ciel était dépourvu de nuages et la lumière de la lune rebondissait très convenablement sur chaussée enneigée. Un petit vent venant du sud soufflait légèrement de façon intermittente, rappelant au côté gauche de mon visage que c’était l’hiver.

Je préférais passer la première heure de mes vingts ans dehors, pas sur la banquette du fond de l’autobus.

Paire de couilles

J’aimerais avoir un meilleur ami. Un meilleur ami garçon. J’ai déjà une meilleure amie fille, mais j’crois que c’est pas la même chose.

J’avais un meilleur ami, avant. Enfin, je crois. On était très proche, en tout cas. On se confiait beaucoup de chose, à peu près tout, en fait. On pouvait marcher des heures tous les deux et discuter de choses qui nous emmerdaient. Ça parait très anodin, je sais. Mais c’était très important pour moi, ces moments alloués à la discutions. Ce qui était bien aussi, c’est qu’on ne se prenait jamais la tête. Et puis, on passait l’été à fumer des shishas sur la galerie de la cour arrière de ma maison. En plus, il avait une superbe maison-chalet sur le bord d’un lac, il y faisait bon fumer un joint ou deux, tu vois? Et j’aimais bien faire la file à la cafétéria avec lui, ça passait plus vite. Il me reconduisait souvent à la maison, il faisait jouer le best of de KISS dans son auto, c’était pas bon.

On ne s’était jamais proclamé meilleur ami, j’pense que c’était non-dit, j’pense que ça avait pas besoin d’être dit. J’pense aussi que j’avais peur de le confronter avec ça. J’voulais pas trop qu’il sache ce qu’il représentait pour moi : un meilleur ami. J’aurais paru peut-être trop intense. J’aurais eu peur de le faire détaler. J’étais content qu’il soit là et c’est tout. T’sais, j’ai tellement de misère à me faire des amis garçons. J’en ai quelques un, mais pas des masses. Je suis un mec sensible et je prend mes relations d’amitié masculine très au sérieux. Alors, si un gars n’est pas capable d’exprimer ses sentiments et de se mettre un peu à jour, et bien nous ne pourrons pas être amis. Ça en élimine déjà énormément dans le lot. Oui, c’est bien la rigolade, la bousculade et la compétition. Mais, j’aime encore mieux parler. La «bro» attitude, ça n’a jamais été ma tasse de thé. J’pense que c’est le côté superficiel de la chose que j’aime pas. Prétendre être lié par le sang comme deux frères, je dis non. Prétendre d’être lié par une sincère amitié comme deux vrais amis, je dis oui. Mon meilleur ami le comprenait bien, ça, je crois. Il me ressemblait sous plusieurs angles, d’ailleurs. C’était bien. C’était vraiment bien, en fait.

C’est dommage, mais aujourd’hui il est plus dans le portrait. On ne se parle plus. Pendant plusieurs mois, j’avais seulement le goût de lui étamper mon poing sur la gueule. J’peux même pas t’expliquer pourquoi car moi-même je ne comprend pas bien comment tout ça à pu se passer. C’est con comme histoire. Il a disparu avec la neige d’avril, et c’est tout. En mai il est passé chez moi, j’devais partir, j’voulais pas le voir, une amie m’attendais dans la voiture, je l’ai sèchement mi dehors. Depuis ce temps, les choses sont nébuleuses. On est plus amis mais, encore là, ça flotte dans le non-dit. Peut-être que ça n’a pas besoin d’être dit.

Il me manque énormément, par moments. J’me demande si un jour il va revenir. Peut-être qu’on pourrait mettre les choses au clair. J’pourrais commencer par lui demander si un jour on a vraiment été meilleurs amis.

Lame rouillée, cuire déchiré, lacets effilochés (remarque la section du haut du patin droit que j’ai remplacé avec mes lacets de chaussure) et une puissante odeur provenant tout droit des années 70. Hier, je n’avais pas d’autres choix que d’utiliser les patins de mon père puisque les miens ne me faisaient plus. Si, si, ils sont tout à fait dégueulasses. Mais, quand même, j’suis le seul qui n’a pas fini écrasé en étoile sur la glace du canal Rideau. Victory.

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Feels like someone’s missing

Dans mon lit simple, y’a de la place pour deux, si on se colle.

J’ai encore fait une grosse crise d’insomnie. J’ai retourné mes oreillers. J’ai ouvert la fenêtre. J’ai fermé la fenêtre. J’ai eu chaud. J’ai eu froid. J’pensais à rien. J’pensais à tout. J’ai écouté un peu la télé. J’ai grignoté quelque chose. J’ai essayé de répéter les techniques de ton DVD de Chi-Kong yoga. Puis, j’ai fini par prendre ma couverture pour aller m’installer au sous-sol, sur le futon. C’est déjà plus confortable que mon vrai lit. Mais, quand même, il manque quelque chose. Il manque un gros quelque chose, en fait. Il manque toi, ma petite boule de chaleur, la jolie jeune femme qui ronfle un peu et qui a le sommeil agité, celle avec qui je pourrais passer des semaines sous la couette, celle qui me rassure, celle qui me régule, celle qui veille quand je sommeil.

J’m’ennui tellement de toi, quand j’suis dans mon lit, car souvent, t’es pas là, quand j’suis dans mon lit. J’ai beau modeler le plus fidèlement possible la courbe de tes hanches avec mon oreiller, c’est pas pareil. Je ne sens pas ton corps respirer contre le mien. Ma main n’est pas blottie sur ton ventre ou ton sein. Je ne peux pas reposer ma tête dans le creux de ta nuque. J’ai rien à admirer quand, entre deux rêves, j’ouvre les yeux. 

J’ai ben hâte que mon lit soit ton lit aussi. J’ai ben hâte de savoir que tu es là et que tu seras là. J’ai ben hâte que la literie s’imprègne définitivement de ton parfum de chair et de sucre. J’ai ben hâte de plus avoir à te dire que j’ai hâte. 

Si seulement ta mère me permettrait de passer par la fenêtre de ta chambre à 3h du matin pour aller me glisser sous tes draps…

Je devrais être au lit en ce moment mais, mais, mais, mais, mais…

Je viens de m’apercevoir que mon père a acheté du poulpe en pot. J’ai décidé de me faire un petit en-cas avant de dormir. C’est quand même nettement plus kickass qu’une vulgaire tasse de lait chaud.

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Mon défit cette semaine c’est d’en faire manger à Myriam et ce, qu’elle le veuille ou non. Aucune de mes petites amies n’a jamais voulu en manger, sauf M. qui elle, l’a recraché aussitôt alors, ça ne compte pas.

Cette semaine je change la donne.

update : Mymy a bien aimé et, contre toute attente, elle en a redemandé après le petit-déjeuné. 

Aujourd’hui, c’est vraiment mon jour de chance. J’pense que c’est le genre de chose qui arrive seulement une fois dans une vie. J’irais bien m’acheter un billet de loto mais il fait trop froid dehors. Tant pis.

Ma vitre d’autobus est un jardin de givre, qu’est-ce que le spasme de vivre? À la douleur que j’ai, que j’ai… - Olivier Néligan

Tantôt, quand j’suis sorti de mon cours, y’avait ça qui bloquait l’entrée principale. Ça ne m’a pas dérangé.

Y’en aura pas d’facile

Depuis ce matin, il y a un kiosque de Beavertails d’installé devant le pavillon Tabaret. Jusqu’à jeudi de cette semaine, Mymy et moi avons le défis de se trouver un maximum de pauses communes pour faire le plein de queues de castor à saveur de sucre et cannelle. Souhaite-nous bonne chance.

The Garden of Light

Ça allait bien, ça allait mal puis ça a bien fini. J’vais te raconter seulement le début et la fin, ça sera plus intéressant et, de toute façon, j’suis plus du tout dans le mood pour te pondre un pavé de «là tout de suite à cet instant je broie vraiment du noir du coup je veux ton support moral c’est vital t’es le pilier du bateau chavirant de mes émotions changeantes».

Alors, voilà. Après le cours de ce matin, K. et moi sommes allé dans la boutique spirituelle The Garden of Light sur la rue Laurier, à quelques minutes de marche du pavillon dans lequel on était. Je lui avais prêté le livre Comment devenir un Bouddha en cinq semaines la veille et ça avait visiblement réveillé son côté zen-spirituel-kitch. En chemin, on parlait du divin, du supérieur et des énergies. Les passants qui ont capté quelques bouts de notre conversation ont probablement cru que nous étions deux étudiants en massothérapie. 

K. pousse la petite porte blanche de la boutique où deux lanternes chinoises en papier étaient suspendues. On pénètre. C’est mignon. Ça sent bon. Ça sent la spiritualité et les faux bibelots asiatiques. J’adore. J’adore ce genre d’endroit. Une dame en djellabas rose vient nous rejoindre et nous salut poliment en anglais. Je dépose mon sac au sol à l’entrée, comme si c’était un lieu familier. K. était à la recherche d’un mâlâ. La dame pointe du bout du doigt une table basse où il y en avait par vingtaines, de toutes les sortes et de toutes les couleurs. K. s’assoit au sol et se saisit de la longue fiche explicative qui décrit chacune des pierres ainsi que chacune de leur propriété spécifique.

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Pendant ce temps, je jette un oeil sur les encens disposés sur trois grosses étagères. Il y en avait pour tous les goûts et pour tous les prix (si tu es étudiant, tu as droit à six boites de huit bâtons d’encens pour seulement 6$). Je demande à la dame en djellabas de me donner un petit cours et elle s’exécute avec entrain. Elle m’en fait sentir, elle me montre ses préférés et me vante tous les bienfaits des odeurs qui s’en dégagent. Elle m’a offert de prendre quatre bâtons pour les essayer chez moi. J’en ai pris un au bois de rose, un à l’écorce de pin, un au safran et un qui sentait comme la maison d’été de mon oncle. K. a fait son choix : elle a choisi un mâlâ en pierre d’agate qui est sensé l’aider à se comprendre elle-même ainsi que l’Univers en entier. Finalement, la dame nous propose de sortir par le restaurant végétarien d’à côté pour que l’on puisse prendre un exemplaire de leur menu. Un corridor très étroit liait les deux endroits. Le resto était petit et vieux, mais très accueillant. L’endroit était très humide (probablement à cause de la cuisson) et les fenêtres dégoulinaient tant il y avait de condensation. Ça paraît un peu sale dans l’ensemble mais je tiens tout de même à y retourner.

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Tout à l’heure, j’ai allumé le bâton d’encens au bois de rose. Le verdict? Pour une fois, ça sent très bon dans ma chambre. C’est maman qui sera contente.

J’veux que tu saches que, jusqu’à maintenant, tout va bien.

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