Oh you fancy, huh?

Feels like someone’s missing

Dans mon lit simple, y’a de la place pour deux, si on se colle.

J’ai encore fait une grosse crise d’insomnie. J’ai retourné mes oreillers. J’ai ouvert la fenêtre. J’ai fermé la fenêtre. J’ai eu chaud. J’ai eu froid. J’pensais à rien. J’pensais à tout. J’ai écouté un peu la télé. J’ai grignoté quelque chose. J’ai essayé de répéter les techniques de ton DVD de Chi-Kong yoga. Puis, j’ai fini par prendre ma couverture pour aller m’installer au sous-sol, sur le futon. C’est déjà plus confortable que mon vrai lit. Mais, quand même, il manque quelque chose. Il manque un gros quelque chose, en fait. Il manque toi, ma petite boule de chaleur, la jolie jeune femme qui ronfle un peu et qui a le sommeil agité, celle avec qui je pourrais passer des semaines sous la couette, celle qui me rassure, celle qui me régule, celle qui veille quand je sommeil.

J’m’ennui tellement de toi, quand j’suis dans mon lit, car souvent, t’es pas là, quand j’suis dans mon lit. J’ai beau modeler le plus fidèlement possible la courbe de tes hanches avec mon oreiller, c’est pas pareil. Je ne sens pas ton corps respirer contre le mien. Ma main n’est pas blottie sur ton ventre ou ton sein. Je ne peux pas reposer ma tête dans le creux de ta nuque. J’ai rien à admirer quand, entre deux rêves, j’ouvre les yeux. 

J’ai ben hâte que mon lit soit ton lit aussi. J’ai ben hâte de savoir que tu es là et que tu seras là. J’ai ben hâte que la literie s’imprègne définitivement de ton parfum de chair et de sucre. J’ai ben hâte de plus avoir à te dire que j’ai hâte. 

Si seulement ta mère me permettrait de passer par la fenêtre de ta chambre à 3h du matin pour aller me glisser sous tes draps…

Je devrais être au lit en ce moment mais, mais, mais, mais, mais…

Je viens de m’apercevoir que mon père a acheté du poulpe en pot. J’ai décidé de me faire un petit en-cas avant de dormir. C’est quand même nettement plus kickass qu’une vulgaire tasse de lait chaud.

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Mon défit cette semaine c’est d’en faire manger à Myriam et ce, qu’elle le veuille ou non. Aucune de mes petites amies n’a jamais voulu en manger, sauf M. qui elle, l’a recraché aussitôt alors, ça ne compte pas.

Cette semaine je change la donne.

update : Mymy a bien aimé et, contre toute attente, elle en a redemandé après le petit-déjeuné. 

Aujourd’hui, c’est vraiment mon jour de chance. J’pense que c’est le genre de chose qui arrive seulement une fois dans une vie. J’irais bien m’acheter un billet de loto mais il fait trop froid dehors. Tant pis.

Ma vitre d’autobus est un jardin de givre, qu’est-ce que le spasme de vivre? À la douleur que j’ai, que j’ai… - Olivier Néligan

Tantôt, quand j’suis sorti de mon cours, y’avait ça qui bloquait l’entrée principale. Ça ne m’a pas dérangé.

Y’en aura pas d’facile

Depuis ce matin, il y a un kiosque de Beavertails d’installé devant le pavillon Tabaret. Jusqu’à jeudi de cette semaine, Mymy et moi avons le défis de se trouver un maximum de pauses communes pour faire le plein de queues de castor à saveur de sucre et cannelle. Souhaite-nous bonne chance.

The Garden of Light

Ça allait bien, ça allait mal puis ça a bien fini. J’vais te raconter seulement le début et la fin, ça sera plus intéressant et, de toute façon, j’suis plus du tout dans le mood pour te pondre un pavé de «là tout de suite à cet instant je broie vraiment du noir du coup je veux ton support moral c’est vital t’es le pilier du bateau chavirant de mes émotions changeantes».

Alors, voilà. Après le cours de ce matin, K. et moi sommes allé dans la boutique spirituelle The Garden of Light sur la rue Laurier, à quelques minutes de marche du pavillon dans lequel on était. Je lui avais prêté le livre Comment devenir un Bouddha en cinq semaines la veille et ça avait visiblement réveillé son côté zen-spirituel-kitch. En chemin, on parlait du divin, du supérieur et des énergies. Les passants qui ont capté quelques bouts de notre conversation ont probablement cru que nous étions deux étudiants en massothérapie. 

K. pousse la petite porte blanche de la boutique où deux lanternes chinoises en papier étaient suspendues. On pénètre. C’est mignon. Ça sent bon. Ça sent la spiritualité et les faux bibelots asiatiques. J’adore. J’adore ce genre d’endroit. Une dame en djellabas rose vient nous rejoindre et nous salut poliment en anglais. Je dépose mon sac au sol à l’entrée, comme si c’était un lieu familier. K. était à la recherche d’un mâlâ. La dame pointe du bout du doigt une table basse où il y en avait par vingtaines, de toutes les sortes et de toutes les couleurs. K. s’assoit au sol et se saisit de la longue fiche explicative qui décrit chacune des pierres ainsi que chacune de leur propriété spécifique.

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Pendant ce temps, je jette un oeil sur les encens disposés sur trois grosses étagères. Il y en avait pour tous les goûts et pour tous les prix (si tu es étudiant, tu as droit à six boites de huit bâtons d’encens pour seulement 6$). Je demande à la dame en djellabas de me donner un petit cours et elle s’exécute avec entrain. Elle m’en fait sentir, elle me montre ses préférés et me vante tous les bienfaits des odeurs qui s’en dégagent. Elle m’a offert de prendre quatre bâtons pour les essayer chez moi. J’en ai pris un au bois de rose, un à l’écorce de pin, un au safran et un qui sentait comme la maison d’été de mon oncle. K. a fait son choix : elle a choisi un mâlâ en pierre d’agate qui est sensé l’aider à se comprendre elle-même ainsi que l’Univers en entier. Finalement, la dame nous propose de sortir par le restaurant végétarien d’à côté pour que l’on puisse prendre un exemplaire de leur menu. Un corridor très étroit liait les deux endroits. Le resto était petit et vieux, mais très accueillant. L’endroit était très humide (probablement à cause de la cuisson) et les fenêtres dégoulinaient tant il y avait de condensation. Ça paraît un peu sale dans l’ensemble mais je tiens tout de même à y retourner.

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Tout à l’heure, j’ai allumé le bâton d’encens au bois de rose. Le verdict? Pour une fois, ça sent très bon dans ma chambre. C’est maman qui sera contente.

J’veux que tu saches que, jusqu’à maintenant, tout va bien.

Ça serait bien si…

J’entame bientôt ma deuxième session d’université. On est en 2013. Du 31 jusqu’au 2, j’ai eu une gastro de la morria (je t’épargne tous les détails) qui a purgé mon corps de tous mes péchés et de mes quelques réserves de graisse. C’est une période de renouveau, j’pense bien. Cependant, je crois que je souhaite plutôt la continuité. Non, j’ai pas besoin de changement. Oui, je me fou pas mal des résolutions. Les choses commençaient vraiment à aller de bon train vers la fin de l’année et j’vois pas pourquoi j’devrais faire une croix sur ça et repartir à zéro, l’esprit libéré et tranquille. J’me sentais déjà bien. C’était pas parfait, mais c’était très correct.

Si, si, y’a bien quelques petits trucs que j’voudrais faire différemment durant la session d’hiver. Ça serait bien si j’pouvais voir plus souvent Valérie. Les études nous ont un peu séparé et ça, c’est malheureux. Elle habite pas si loin de chez moi mais il y a toujours un monticule formé de livres discordants et de dissertations de toutes sortes qui nous bloque le chemin. Maintenant qu’elle n’est plus aux études, ce devrait être plus simple. Aller prendre un café ou un thé avec elle dans les prochains jours, ça serait vraiment cool.

Aussi, j’aimerais encore et toujours pouvoir dessiner davantage. c’est pas facile. J’essaye de trouver un trou dans ma plage horaire pour tâter un peu ma tablette. C’est pas facile, mais j’y parviens de plus en plus souvent. Alors, thumbs up pour moi de ce côté là.

Finalement, faudrait vraiment que Myriam et moi puissions retourner s’isoler quelque part dans un lieu obscur du Québec, comme si tout notre entourage nous détesterait fermement et qu’il avait du nous chasser de la région, armé de torches et de fourches. Ainsi, on ne pourrait plus croire en rien sauf à notre amour qui est nourri par une passion quotidiennement grandissante. Ça serait scandaleusement dramatique et ce serait parfait comme ça. Notre séjour précédant à la capitale à été complètement gâché par un norovirus quelconque de la famille des caliciviridae. Il y a eu trop d’attente et d’enthousiasme dirigés vers ces petites vacances en amoureux pour que j’accepte de laisser ça comme ça. Pour le moment, j’ai encore une violente nausée rien qu’à l’idée de retourner dans une chambre d’hôtel ou de passer devant un des nombreux petits bistros qui jonchent les rues sinueuses de cette ville centenaire où l’on sert souvent rien d’autre que de copieux repas bien gras. Mais, bon, ça va me passer. Donne-moi encore quelques petites semaines et mon système digestif aura tout oublié de cette infernale guerre du Vietnam intestinale.

Enfin, tout ce que je souhaite, c’est que les choses continuent d’aller comme elles viennent. Je n’ai pas d’autres exigences. Ça serait bien si la vie pouvait être belle dans ma tête et en dehors de ma tête pendant encore un moment. C’est pas la mer à boire...

C’est ce que Myriam m’a acheté pour Noël. Est-ce que j’ai vraiment besoin de te dire que je l’aime beaucoup-beaucoup? C’est difficile de trouver un cadeau qui tape direct dans mes goûts parce qu’ils changent constamment. Mais, elle, elle en a trouvé 7.

J’ai déjà fait plusieurs choses

J’suis en vacance depuis environ 48h. Depuis, j’ai dessiné. J’ai joué aux jeux vidéo. J’ai essayé de faire une sieste. J’ai terminé la leçon numéro 3 de mon cours de japonais (je peux maintenant dire des phrases négatives et interrogatives, yeah)! J’ai écouté attentivement le troisième album de Crystal Castles, j’ai bien aimé. J’ai regardé Gummo, c’est sans aucun doute l’un des films les plus étrange de l’histoire du cinéma américain.  Il y avait un party chez moi, hier. J’ai profité de l’heure pendant laquelle ma petite amie faisait une sieste pour emballer ses cadeaux de Noël et j’ai très hâte de lui donner ce soir. Maintenant, j’dois lui faire une carte.

Merci beaucoup d’être passée. Ça m’a fait beaucoup de bien.

Travailler dans un super-marché ou l’art de développer un dégoût formidable pour l’entièreté du répertoire des cantiques de Noël.

Je suis peut-être pas tout à fait à mi-chemin mais au moins j’avance pas à reculons

Elle me regarde souvent, quand j’ai les yeux clos. J’me demande qu’est-ce qu’elle voit, j’me demande qu’est-ce que toi tu verrais.

Voyez-vous que ça va mieux? Voyez-vous que quand mes paupières sont fermées, c’est parce que je suis honnêtement détendu et non pas parce que j’veux fuir ma journée? J’veux pas laisser ça tomber dans les limbes. J’veux pas que personne ne passe à côté. J’veux que tout le monde s’arrête deux secondes pour réaliser que j’ai réussi à trouver, depuis quelques semaines, l’équilibre que j’avais perdu en août 2011. T’sais, finalement. Je l’ai cherché en sacrament, uh?

Ma première session d’université est presque terminée. J’peux affirmer que j’en suis ressorti grandi, même si j’suis encore très petit, a bout du compte. Encore une fois, c’est drôle comment j’me suis fait croire que ma vie allait traverser une sorte de ligne d’arrivé, plus tard, à un moment donné, demain, bientôt. J’pensais qu’éventuellement, tout serait fini, que les choses seraient complètes et que j’entrerais dans un tracé de certitude, d’assurance et de linéarité. Plus de bourrasque, plus de secousse, plus rien. J’ai avancé longtemps dans le but de me rendre à cette ligne d’arrivée. J’ai eu beau me l’imaginer du mieux que j’pouvais en scrutant l’horizon de mon destin, je ne l’ai jamais vu. Elle n’existe pas. Ou bien, elle est vraiment trop loin.

À force d’avancer, j’ai réalisé que j’préférais ralentir le rythme parce que la route me paraissait de plus en plus agréable. Y’a pas le feu. Je ne marche pas sur des charbons. J’ai enfin compris qu’à la limite, on s’en fou de la ligne d’arrivé, y’a peut-être mieux à faire en chemin. 

C’qui est pas bien, c’est de penser que tu t’es rendu au bout, que t’as gagné, que ton bassin a déchiré le ruban et que t’as dégoté la victoire. C’est mignon pendant quelque temps. Mais, rapidement, tu réalises que la course n’est pas finie, que t’as rien franchi du tout et qu’il te reste du chemin à faire. Tu tombes de haut à coup sûr. Puis, en plus, tu te rends compte que t’as pris du retard à force de vivre dans tes petites illusions. Je ne dis pas que la vie doit être un challenge perpétuel mais plutôt qu’elle ne doit pas être une victoire constante.

J’ai pas fini de travailler sur moi, c’est clair. J’vais rester un projet non fini jusqu’à ma mort, j’en suis conscient. Sauf que, je sais que j’suis pas juste un brouillon, y’a de plus en plus de traits qui me constituent que je n’aurai pas besoin de gommer dans le futur, y’a de belles lignes permanentes qui se forment ici et là. Il y en a quelques-unes que j’aimerais retoucher, bien entendu. Toutefois, l’encre est indélébile et j’apprends à faire avec.

Puis, quand j’ouvre mes yeux et que j’la vois, j’réalise à quel point j’me balance de la distance qui me sépare de la ligne d’arrivée. J’préfère de loin être ni un gagnant, ni un perdant et simplement continuer d’être dans la course parce qu’au fond, c’est là que ça se passe, sur la piste, avec toi, avec eux. J’ai franchi une autre grosse épreuve de ma vie et je ne ferai pas l’erreur d’essayer de me convaincre que c’était la dernière. Si demain les choses tournent mal, c’est correct. Ma ligne d’arrivée est dorénavant sous chacun de mes pas.

Je ne sais pas si ça dégage un peu trop d’énergie mystique tout ça, mais j’vois pas comment j’aurais pu t’en parler autrement. J’pense que tu vas comprendre.

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