Oh you fancy, huh?

Les oiseaux chantent, le soleil se lève et l’air commence à se réchauffer peu à peu dans ma chambre. Voilà bientôt cinq heures que j’essai de fermer l’oeil. J’ai le goût d’aller prendre une marche dehors. Je veux sortir de mon lit. Je le connais par coeur, maintenant. Je sais aussi qu’aucun de mes quatre oreillers ne me convient. Ma couverture est trop douce sur ma peau, elle me chatouille doucement et, en ce moment, ça me répugne.

Putain d’insomnie.

Accordez l’asile à Valérie

Oyé, Oyé,

Mitraillée de critiques, assaillie de doléances et écrasée par le poids de ses agitations, je demande ici bas qu’on accorde l’asile à Valérie.

Ceux qui lui reprochent d’avoir évoluée et d’avoir maturée sont les mêmes que ceux qui lui assurent d’être ses amis les meilleurs. Ceux qui lui promettent de la compléter, d’être sa douce moitié, sont pourtant ceux qui l’ont déchirées en lambeaux. La laissant baigner dans le non-sens, mariner dans sa culpabilité et mijoter à feu doux dans leur propre courroux, ils observent, haut perché, Valérie couler. N’était-elle pas là lorsqu’ils ont crié aux loups? N’a-t’elle pas baisé, un par un, chacune de leurs petites meurtrissures? Serait-ce parce qu’elle leur a tiré une trop courte révérence, après s’être donnée corps et âme pour assouvir l’égoïsme de leurs caprices pullulants, qu’ils la boudent ainsi?

Allez, Valérie, casse ta tirelire. Oh, tu n’as pas assez versé de ton sang sur cet argent. Mais qu’attends-tu, Valérie, sois la martyre! Tu n’es plus comme avant, tu as changé. Tu comprends ce que ça veut dire? Ça veut dire que tu n’es plus ce que j’aime. Tu as perdu ce qui, à mes yeux, te rendait valable.

Pour la première fois depuis longtemps, et peut-être pour toujours, Valérie est à terre et tout ce qu’ils font, c’est lui jeter la première pierre. 

Gens du peuple, accordons l’asile à Valérie!

Mes oreilles sifflent encore. On était collé contre une caisse de son. C’était génial. J’enlaçais Myriam, qui était dos à moi, et on se berçait tout doucement alors que les ondes sonores rebondissaient violemment contre nos corps, faisant vibrer délicatement nos cellules, en rythme avec les instruments. C’était notre band, nos chansons. Le Mavericks était rempli à craquer mais, pourtant, je nous croyais seul au monde.

Vidéo : Wintersleep - Weighty Ghost

J’ai échoué mon examen de conduite automobile mais je m’en fou car WINTERSLEEP CE SOIR AU MAVERICK AVEC MA BLONDE QUE J’AIME FORT. Woot!

J’ai tellement besoin d’argent que je me lance, dès ce soir, dans la construction d’applications pour Blackberry.

Je peux enfin souffler un peu. Les 80 cerveaux de souris sont coupés en fines tranches et flottent, actuellement, dans des tubes remplis de cryoprotectant. Je vais pouvoir passer quelques jours sans revoir les longs corridors immaculés du département animalier, sans entendre le “bip” de ma carte magnétique sur les verrous électroniques des portes et sans que mes mains soient imbibées de l’odeur âcre des gants en caoutchouc. Mon maillot de bain est en route vers le Canada et je suis impatient de l’enfiler et de croire enfin qu’il s’agit là bel et bien de mes vacances d’été.

Je vais, ce soir, finir un dessin.

Je n’ai pas ce que je veux en ce moment mais, je l’aurai.

What am I doing with this, uh?

C’était pas un bar gay

Hier, au labo, j’ai décidé que j’en avais assez. Je mangeais le risotto de Myriam en regardant le campus par la grande fenêtre qui me faisait face. En refermant le couvercle de mon thermos, j’avais décidé de voir du monde. 

C’était spontané. J’avais réussi à acheter une bouteille de sangria à 6,25$ avant d’attraper l’autobus pour aller chez É. (J’étais content qu’elle soit italienne et pas espagnole car j’aurais fait très honte à sa patrie) On s’est finalement ramassé, une belle gagne, sur la terrasse du Heart and Crown, un bar tout à fait désagréable. Alors que je voyais le pichet trop cher de Budweiser descendre inexorablement, au même rythme que notre tolérance au froid, j’ai proposé qu’on aille ailleurs car j’avais vraiment besoin de passer une bonne soirée. J’avais envie d’aller au Zaphod, un bar super bien coté sur internet et qui était situé à deux coins de rue d’où on se trouvait.

Arrivé sur place, tout me faisait bonne impression. La fille du guichet était jolie, l’étampe du cover était drôle, la clientèle ressemblait à celle des Fouf et la musique était bonne. On s’est tous dirigé vers le dance floor, on a lancé nos sacs et nos manteaux sur une banquette et on s’est mis à danser. Tout de suite, un gars s’est dirigé vers ma sœur pour danser avec elle. Il avait l’air gay, alors ça ne m’a pas gêné. Puis, P. me fait remarquer qu’il y avait beaucoup de gars… Beaucoup, BEAUCOUP de gars et, qui plus est, dansaient ensemble. Alors que j’essayais de faire comprendre à tout le monde que ce n’était pas un bar gay en leur criant tour à tour dans les oreilles et que, si ce l’était bel et bien, je n’étais pas au courant, d’autres gars s’agglutinaient autour de ma jumelle. C’était très drôle, au début, jusqu’à temps qu’il y en aille un qui soit particulièrement gênant et qui semblait l’agacer. D’un seul coup d’épaule bien placé, je le repousse. Il me tapote l’épaule et me chuchote “Are you her boyfriend or her friend?”. Je lui répond : “I’m her brother. You annoy her. Now, go away.” Il m’a tendu sa main pour que je lui fasse un high five et je me suis retourné en l’ignorant, dans toute ma condescendance. Il m’a tapé une fesse et il est parti. 

Les bonnes chansons s’enchaînaient, on est resté encore un bon moment. Bar gay ou non, c’était génial.

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